Slow-dye

Brouillon de mon livre à paraître "Teintures végétales pour les curieuses et les flemmardes"

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Mordants en teintures naturelles - généralités

Faire le bouillon de teinture n’est pas très compliqué, en gros, c’est une soupe de végétaux.

C’est la préparation du tissu qui fait le teinturier: le mordançage, qui est sophistiqué, en particulier pour les fibres coton-lin.

Je ne propose pas ici un "cours" sur les mordants ou les autres bases de la teinture, car il y a d'excellents livres sur le sujet et de parfaits sites. Pour une explication claire en français, rendez-vous sur le forum de tricofolk: les résumés de Sandrine, d'Alyse créations sur les couleurs, le mordançage, une cuve d'indigo, etc.

Mordants ou non

Le mordant est un fixatif pour couleur, en résumé. C'est aussi un modifieur de ton.

Certaines teintures se fixeront sans mordançage, car elles sont "mordantes" en soi : carthame (fixée au jus de citron) ; rocou ; curcuma ; café ; thé ; grenade ; brou de noix ; eucalyptus ; les écorces en général. On les dit "substantives" pour les différencier des colorants qui demandent un camarade de jeu pour monter sur la fibre (et qu'on dit "additives").

Quand on indique «sans mordant» dans les listes de colorants, prenez en compte tout de même que la couleur est souvent plus solide si le textile est mordancé ou suivi d’un bain de fer ou cuivre.

Certains procédés autorisent qu'on ne mordance pas la fibre, même en bain de teinture avec des couleur additives qui, dans d'autres cas, demanderaient l'intervention d'un mordant: laines et soies ne doivent pas être mordancées pour les teintures en extractions alcalines.

A la différence de certaines teintures synthétiques, on ne fixe pas après la teinture mais avant. C'est équivalent à poncer du bois avant de le vernir, quoi. Mordancer consistera à tremper la fibre dans un bain contenant le fixateur/Mordant, étape qui précèdera la teinture.

Comprendre ce qu'est un mordant est essentiel avant de commencer toute forme de teinture naturelle, hormis lors d'ateliers avec des enfants "pour jouer". La couleur n'existe pas telle quelle dans la plante, elle existe en réaction à un mordant. Annoncer que la garance fait du rouge " n'a pas grand sens, sauf pour les débutants, puisque cette plante peut donner de l'orange, du violet, du brun... selon le mordant et selon le procédé..

Quels mordants

Le mordant choisi dépendra de la fibre qu'on veut teindre: protéique ou cellulosique. xx

"Mordants" semble être un mot-valise en DyeLand: tout fait mordant pour certains auteurs. Il doit y avoir des catégories plus précises, mais en gros, on cite: alun, tanins, fer, cuivre, eau de cendres, savons, vinaigre, urine...

On n'utilise plus l'étain, le chrome, etc. comme au XIXè et jusqu'en 80 (hobby en tout cas).

L'alun est généralisé, car il semble le moins toxique pour l'environnement et pour le teinturier.

Les laines et les soies sont les plus faciles à mordancer, pour commencer.

Classiquement pour avoir des couleurs vives sur le coton ou le lin, il fallait de longues manipulations.   On pouvait aller jusqu'à dix opérations: 1/ tremper dans les tannins, 2/ sécher 3/ rincer 4/ tremper dans l’alun 5/sécher 6/ rincer 7/recommencer 1-2-3, soit 7-8-9, puis 10 teindre.

Aujourd'hui plus, grâce à des chercheurs comme Michel Garcia et la technique d'acétate-alunage (ma terminologie, plus courte que "mordancer à l'acétate d'alumine).