Slow-dye

Brouillon d'un livre à paraître...   

  

Des textiles non-toxiques

1.12.19 A la suite d'une discussion sur le forum tricofolk, j'ai eu envie de mettre sur papier les raisons pour lesquelles je suis passionnée de couleurs végétales.

Désormais, je passe la majeure partie de mes temps de hobby à teindre des fibres en couleurs végétales. Ma motivation principale: la joie profonde de tisser ensuite des fibres aux couleurs chatoyantes, profondes, riches en harmoniques.

Ma première motivation, vers 2008, non pas artistique, mais bien environnementale et salutaire.

J'envisage cette part environnementale dans un billet sur mon site nutri. Membre de Greenpeace à l'époque, j'étais consternée de lire les rapports sur la toxicité de l'industrie textile pour la santé de planète. Mais j'y voyais aussi la part "santé de mes camarades", les toxiques de nos textiles pouvant s'intégrer dans ma recherche des sources les moins toxiques dans notre biotope personnel: maison, assiette, vêtements & cosmétiques. Car nous ingérons les toxiques par la respiration des parfums d'ambiance et des peintures murales, par la nourriture bien sûr et par la peau, via les crèmes et fringues.

Par la force des choses, en étant un exemple vivant, j'étais confrontée à quantité de "canaris de la modernité", ces enfants qui semblent déclencher des réactions aigües à des doses minimes de polluants, à l'instar des canaris qui servaient de signal d'alarme aux mineurs qui les emmenaient sous terre pour détecter les gaz toxiques. Le fonctionnement biochimique particulièrement sensible de ces enfants atypiques se manifeste par des formes d'intolérances alimentaires qui sont parfois tellement subtiles qu'elles en paraissent indétectables.

Ici n'est pas le lieu de résumer mes tests pour produire mes propres cosmétiques et produits ménagers sans toxiques. Il existe mille et un blogs désormais. Je préciserai peut-être à mes camarades de jeu qu'ajouter des huiles essentielles à tour de bras n'est pas anodin. Soyez plus modérés! Visez le plus simple. Dans la gamme de l'hypersimple que je pratique, il m'amuse de répéter qu'en matière de shampoings, le plus simple est "pas de shampoing". Sur le modèle: le plus protecteur pour la planète n'est pas de trier vos déchets, mais de fonctionner en zéro déchets. J'ai joué à tester cette mode qui nous venait des Etats-Unis voilà 5 ans. Depuis lors, je ne me suis pas lavé les cheveux. Je fais vérifier de temps en temps par mon doux, qui a un nez hors pair. De septembre 2014 à 2015, j'ai encore utilisé du bicarbonate de soude une fois par mois. Depuis lors, même en jouant au tennis de manière intensive, pas de shampoing ni d'adoucisseur si ce n'est du bicarbonate une fois par an. Les cheveux n'ont jamais été si soyeux, si denses, si "tenus" - terme que comprendront ceux qui, comme moi, ont de cheveux finissimes.

Mon seul objectif ici est d'attirer l'attention sur l'impact santé chez les plus fragiles. Faisons appel à une vraie journaliste. Lire un article de Nolwenn Weiler chez Bastamag: "Ces vêtements qui nous intoxiquent"

Revenons à nos moutons: outre qu'ils doivent gérer des cosmétiques, aliments et produits ménagers sains, les peintures murales saines et l'absence de parfum d'ambiance (y compris huiles essentielles bio), les parents d' un enfant atypique, hyperréactif, eczémateux ou asthmatique devraient porter attention aux textiles que le petiot porte. Et en particulier aux teintures utilisées. La discussion forum qui a inspiré cet article portait sur la réactivité face à des laines, mais on oublie les microdétails comme les résidus de ces teintures.

Les colorants de type azoïque représentent 60-70% de la production mondiale. Ils sont toxiques et mutagènes. Les autres résidus polluants que sont la benzidine, le plomb, le nonylphénol ou le quidichlorométhane, un solvant irritant, disparaitraient à la première lessive. Il suffirait donc de systématiquement laver les vêtements après l'achat. Je n'ai en revanche pas d'info sur la permanence des colorants: migrent-ils encore vers la peau lorsqu'on transpire?

En revanche, il est notoire et démontré que les colorants végétaux vrais comme ceux que j'utilise ont des propriétés médicinales, comme l'indigo. Ce billet n'a pas pour intention de pousser tous les parents à se lancer dans la teinture végétale. Je n'ai pas de solution non plus pour que vous puissiez habiller votre enfant en vêtements teints en "bio", car le domaine est flou: j'ai vu vendues sous le libellé "nature/bio" des teintures dont j'ai étudié les notes de composition. Aaargh, c'est pas bio du tout, c'est "mieux que des cochonneries", mais ce n'est pas protecteur de santé.

Voir aussi une infographie de Greenpeace, justifiant qu'ils invitent les industriels à faire leur grande lessive de ces cochonneries. Greenpeace étant ce qu'ils sont, leur discours est axé "santé de la planète". Ils n'envisagent pas les dégâts que ces résidus provoquent sur le système hormonal et nerveux des petits sensibles:


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Télécharger leur dossier "les dessous toxiques de la mode, version 2012" , dossier grâce auquel vous pourrez dérouler le fil de pelote de votre propre recherche.
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