Slow-dye

Brouillon de mon livre à paraître "Teintures végétales pour les curieuses et les flemmardes"

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27.6 Indigo: teindre en cuve classique d'hydrosulfite

J'ai bien écrit "méthode classique" et non "traditionnelle", car l'emploi de l'hydrosulfite n'est que récent (cent ans environ). Je résumerai dans les jours qui suivent les autres techniques son/garance/sucre/etc plus traditionnelles - et plus écolos!

Avec les cuves organiques d'indigo que j'ai testées à ce jour, je n'ai que des bringeages sur les tissus de coton et le lin, que ce soit chez moi ou en stage avec MG, avec mes tissus bien décatis selon la méthode classique ou avec les tissus qu'on avait reçus en stage, décatis par la patronne de stage. Cela ne semblait pas déranger les autres, sauf une créatrice textile qui venait précisément pour lainerégler ce problème et qui est repartie sans solution. 

Les deux cuves essayées: 123 au henné/fructose et au fer. Même résultat: traînées.

Il me reste une voie: décatir le coton avec des enzymes de bière, la dernière idée de Garcia (enzymes achetés chez Brouwland en Belgique). J'avais aussi essayé en lessive tiède de son de blé, selon un de ses livres: pas mieux.

En désespoir de cause et sans solution, je me limiterai à faire du shibori sur le coton et le lin avec ces cuves organiques, puisque les taches s'y voient moins.

Autre solution: essayer de teindre les tissus dans une cuve à l'hydrosulfite (sans les sédiments de mes autres cuves). En changeant cette variable-là, on verra bien si c'est le décatissage qui pose problème. Lecteurs pressés, voir la conclusion.

Pour les fils (coton, lin, soie, laine) la cuve 123 est une merveille : j'ai la même depuis plusieurs mois, j'arrête pas d'y teindre, ça prend toujours et assez foncé (je le fais à froid, malgré les injonctions de la faculté, mais ça tient bien au lavage). On dirait qu'elle se regénère seule (je la nourris avec des bananes supermûres – je n'ai pas encore dû rectifier le pH).

Méthode Liles

J'ai suivi ici la méthode décrite dans mon livre de J. Liles pp. 59 à 69 (partie lisible sur googlebooks) , qui doit être classique puisque Maiwa Handprints la reprend ici . Liles est le plus rigoureux des hobbyistes, à ce stade de mon apprentissage. Il explique toujours le pourquoi du comment du où-l'on-va.

J'ai tout divisé par 2 pour l'essai de ce matin, les doses initiales sont les suivantes :

Préparer la petite cuve d'amorce (1 litre)

  • Chauffer 1 litre d'eau à 50°C, verser dans un bocal ad hoc ;
  • ajouter 1.5 cuill. c. de carbonate de soude (j'ai fait aux cristaux de soude, ce qui n'a donné que pH 8 chez moi -> j'en ai rajouté 1 cuill.c.), laisser fondre,
  • ajouter 2 à 4 cuill. c. d'indigo naturel (transformé en pâte au préalable, je le mouline au blender avec un peu d'éthanol), remuer, 
  • ajouter 2 cuill. c. d'hydrosulfite de soude, à partir d'ici tourner sans ajouter d'air.
  • Couvrir.

En 15 à 60 minutes la cuve d'amorce est prête : de bleu le liquide passe à verdache puis à jaune vert transpa.

Préparer la cuve finale (10 litres)

  • chauffer 9 litres  d'eau à 50°C, ajouter 1/8 cuill. c. de chaux, 1 cuill. c. de détergent lessive, 1 cuill. c. d'hydrosulfite.
  • Déposer la petite cuve dedans dès qu'elle est prête et la laisser se vider (ne pas la déverser, bicoze oxygénation en vue).
  • Vérifier le pH de la cuve finale.
  • Attendre les 3 critères pour teindre

Infos MG et pas JL : le pH doit être à 11 pour du coton, 10 pour la soie, 9 pour la laine. Infos JL : c'est la température qui importe (résumé demain), pH idéal : 8.5 pour tout le monde

Conclusion

Je garde la méthode à l'hydrosulfite pour une cuve sans sédiments, qui peut teindre à l'unisson les tissus et les papiers. Pour le reste: cuve organique.

xxphoto

Avec le test ci-dessus, j'ai teint un foulard de coton et un foulard de lin, lavés machine et non mordancés. Résultat : bien régulier. Ce n'est donc pas le décatissage qui craint, mais bien le type de cuve.

Trempage 1 : 3 minutes dans la cuve encore à 40°C (tissus seuls dans la cuve, un à un, en tournicotant, prémouillés, en les déposant comme dans la vidéo du DVD de MG) ;
repos 20 minutes ;
trempage 2 pour la moitié du coton: 10 minutes ;
trempage 3 pour le tiers bas du coton : 1 heure dans la cuve devenue froide entretemps.

J'y ai teint du papier fait main (coton, que je fais à la Maison de l'Imprimerie à thuin - cuve était encore à 40°C), c'est infiniment plus net qu'avec la cuve 123 ou la cuve au fer qui, elles, en revanche donne des effets de coulure et de perles qui peuvent être utilisées à bon escient dans un tableau.

Trempage 1 : 3 minutes ;
repos 20 minutes ;
trempage 2 : 15 minutes

J'ai aussi testé mes guipures de la filature Lamouret. bien pris.

J'ai testé une guipure pur polyesther: haut de la photo. Reste très pâle alors que c'est le même bain que la photo ci-dessus. Je compare un autre morceau (même temps, toujours à froid) dans la cuve 123 à la chaux: +++ (bas sur la photo).