Slow-dye

Brouillon d'un livre à paraître...   

  

31.7.2014 Couleurs vives sur coton

En 2012 j'ai lu beaucoup avant de commencer , pour ne pas me perdre dans les premiers essais. Et puis parce que j’aime bien faire l’expert.  Je me réfère ci-après à quelques un des ces livres (voir détail en bibliographie).

Je continue bien  sûr à surfer sur le net pour  me connecter à d’autres explorateurs. 

Je mets de côté les passages de livres anciens sur googlebooks qui détaillent  la procédure d’animalisation du coton pour le rouge d’Andrinople, longue, fastidieuse, puante (crottes de bique entre autres).  Deux courageuses teinturières la pratiquent : isatinctoria et alizarine.  Les Indiens baignent le coton dans l'huile de ricin (castor oil); suivi de bains de crotte puis d'engallage. On trouve les proportions et les détails techniques sur les sites américains. Je cherche une autre voie.

Je garde: le bain de lait de vache, et pour rire un jour: le bain de blanc d'oeuf ou d'huile

2014. En fait, tout cela est inutile puisqu'on a désormais la trouvaille de 'l'acétatalunage de Michel Garcia.

au lait

Je garde l’idée de bain de lait de vache, puisque c’était une technique des teinturiers anciens (aussi du Kalamkari africain, voir wikipedia).  Il y a plusieurs techniques premières (Afrique) décrites par D. Cardon, qui trempent au lait de buffle.

Procédure 

  1. diluer dans 5l d'eau chaude à 40°C 1 litre de lait entier (j'ai testé bas de gamme grande surface),
  2. y foulonner 20 minutes le tissu (quel PTS??),
  3. essorer sans rincer, sécher;
  4. refaire deux fois 2 & 3

J'ai testé, j'ai dû foirer, car pas de différence.

Dans Teintures naturelles à faire soi-même, Ishii mentionne, page 36, la teinture au lait qui permet de teindre aussi facilement le coton et le lin que les fibres animales. Elle emploie soit du lait de soja, soit du lait de vache. Ishii mentionne l’odeur du lait de vache au séchage, qui disparaît en fin de teinture. Vous n’aurez pas ce désagrément si vous pouvez utiliser du lait cru, de ferme, car il ne pourrit pas, il aigrit tout simplement.

La fille d'ecologicalartist.wordpress.com fait alterner les bains de lait soja/séchage/bains alcalins. Elle est californienne, voilà pourquoi elle privilégie le soja plutôt que le lait animal, le "grand démon" …

Karin Delaunay propose dans son livre Teintures Naturelles de faire suivre l'alunage de la fibre par un trempage dans du lait de soja, avant de teindre. Je comprends bien que le recours au soja est dû à sa source (une teinturière japonaise), mais ce n'est plus très locavore n'est-ce pas? Et puis, il n'y a plus de lait de soja chez moi depuis quinze ans... pas logique.  

La fille de eclectic-meanderings.blogspot.be fait tremper les cotons (fils et tissus) dans du lait de soja deux jours ; elle les rince et les teint sans séchage intermédiaire.  

Je préfèrerais les laisser sécher une semaine, qu’ils mûrissent. Elle prétend qu’ils prennent enfin bien la couleur, malgré qu’elle privilégie toujours la soie pour son rendu. Bizarre, si on compare aux médiocres résultats publiés par Diane & Cie de TurkeyRedJournal. Elle pratique l’ecodyeing en bundle à la India Flint. Bon, zoup, classée dans les "bricoleuses".

Je ne pratiquerai pas le bain de lait de soja en test, mais je serais bien tentée de faire un test en bain de bouillon de poule (collagène et protéines, ça doit simuler la laine sur le coton non ?). J’oublie parfois mes bouillons un peu trop longtemps au frigo -> récup’ en teinture quand je ne le donne pas au chien!

à l'huile

Dans Plantes colorantes Teintures Végétales (2006), Michel Garcia expose page 17 comment mordancer à l’huile pour obtenir des couleurs vives sur fibres cellulosiques.
NB. Je note les dates des livres de Michel car, comme tout chercheur passionné, il évolue vite. Faut suivre!

Selon JD(blog), les cotons pour les tapis Ajrakh pakistanais sont trempés dans du lait de buffle ou dans une solution d’huile de ricin, d’eau et de carbonate de soude (ah! saponification en vue). Ce traitement aiderait la fibre à absorber le mordant et la teinture ; il préviendrait aussi la cristallisation des sels de mordant. La solution peut être enrichie de déjections de chameau, de chèvre ou de mouton mêlées à de l’eau, ce qui servirait aussi d’agent blanchissant. La fibre est séchée; puis lavée le lendemain. Ensuite: tanins et teinture.

Dans The art and craft of natural dyeing, traditional recipes for modern use, de J. N. Liles, je crois avoir compris pourquoi les Indiens utilisent les crottes de bique pour « animaliser » le coton.

Il détaille le bain de fixation (je traduis). « Les fibres cellulosiques mordancées à l’alun doivent être passées en bain de fixateur avant la teinture. Tremper le textile pendant trente minutes dans une solution chaude (40-60°C) de phosphate de sodium (Na2 HPO4) ou de craie (CaCO3). Rincer. (…) La solution sert à fxer l’alun et à éliminer l’alun non fixé. »  Les excréments animaux contiennent des phosphates de calcium et de sodium.

C’est bien OU et non ET. Je choisis donc… le bain de craie.

au blanc d'oeuf

3/4 de blanc par 100g  PTS - selon Hermbstaedt, cité par Leuchs.

Recette: ½ à 3/4 blanc d’œuf par 100g de coton selon Hermbstaedt, le chercheur cité par Leuchs, qui a préféré le blanc d’œuf à ses autres tests (sang, lait, colle). Recette : diluer blanc d’œuf dans trois volumes d’eau.  J'ai un peu dévié: 3/4 de blanc par 100g, dilués dans trois fois leur volume d'eau; j'ai mis beaaaaucoup plus d'eau. Résultat: bof, pas grande différence.